Asmodée

Asmodeus
Il y a très longtemps, Asmodée était un grand général dans l’armée d’une divinité du bien et de la loi qui régnait sur le dominion de Baator. Il serait normal que ce mythe débute par le nom de son maître, le dieu qui éleva Asmodée au statut d’exarque. Mais le nom de la divinité s’est perdu ; Asmodée a puisé dans sa magie et son influence pour s’assurer qu’on ne se souvient du premier dieu de Baator que sous le terme de « Celui Qui Fut », un nom dérangeant pour un dieu dérangeant.

Asmodée était le plus puissant exarque combattant au service de son dieu, mais son approche se révéla de plus en plus violente au fil du temps. À la suite d’un énième massacre faisant tomber des innocents en même temps que l’ennemi, il y eut une brouille entre Asmodée et Celui Qui Fut. Le premier mit en garde le second : s’il était démis de ses fonctions, cela signerait la fin de son maître. Mais le dieu de Baator était déterminé : Asmodée fut chassé du palais de son maître avec ceux qui avaient suivi son sillage de violence. D’un seul geste, le plus grand combattant du royaume et son armée furent bannis. Le dieu de Baator étant miséricordieux, Asmodée ne périt pas. Au lieu de cela, il souffrit, fut privé de sa beauté, brisé de corps et d’esprit sur les champs d’Avernus. Celui Qui Fut espérait peut-être qu’Asmodée allait finir par regretter son orgueil et sa désobéissance.

Mais la fierté d’Asmodée était plus grande que son sentiment de culpabilité, et lui et ses fidèles endossèrent de nouvelles formes, certes brisées. Tandis qu’Asmodée endurait les souffrances, il planifiait sa vengeance contre Celui Qui Fut et les autres dieux qui étaient restés là à ne rien faire et avaient oublié ses sacrifices durant la Guerre de l’Aube. Asmodée attendit qu’une heure sinistre se présente dans ce conflit, un épisode marqué par la détresse des dieux. Celui Qui Fut était d’ailleurs en partie responsable ; n’étant pas du genre belliqueux et ayant réduit à l’exil son plus redoutable général et son armée, il était incapable d’assumer les brutales exigences de la guerre, aussi puissant fût-il lui-même.

Asmodée choisit soigneusement le moment pour se révéler et tuer son ancien maître. Le dieu ne put sauver sa vie, mais l’imprécation qu’il prononça en mourant séquestra Asmodée et tous ses fidèles à Baator. Ces derniers, qui devinrent finalement les diables, accusèrent Asmodée d’avoir bâclé la mission, mais la situation tourna rapidement à son avantage. La plupart des dieux maudirent Asmodée tel un traître, mais beaucoup comprirent qu’il les avait habilement débarrassés d’un chef incapable dont l’action paraissait vouée à précipiter la ruine de tous. Ainsi, bien qu’ils évitassent ouvertement l’exarque rebelle, quelques dieux traitèrent en secret avec Asmodée et sollicitèrent son assistance dans la guerre contre les originels, tandis que certaines divinités mauvaises le remercièrent d’avoir éliminé un dieu vertueux très encombrant.

Pendant des décennies, les dieux n’accordèrent pas à Asmodée la confiance suffisante pour le libérer des Neuf Enfers, ce qui lui aurait permis de revendiquer la pleine puissance divine qui avait été libérée lorsqu’il avait tué son suzerain. Asmodée affirma qu’il était bien le seul à pouvoir utiliser cette puissance pour remporter la Guerre de l’Aube au nom des dieux. Mais la méfiance des divinités était fondée : Asmodée faisait aussi des avances à l’autre camp. Il complotait avec les titans et les géants au service des originels et concluait des marchés qui le mettraient en position favorable s’ils devaient gagner la Guerre de l’Aube.

Les dieux lui firent probablement une meilleure offre, même s’ils ne le soupçonnèrent pas à l’époque. Ils nouèrent un pacte d’alliance avec Asmodée et lui octroyèrent provisoirement la puissance divine de son ancien maître « jusqu’à ce que les originels soient vaincus ». Asmodée leur assura qu’avec ses forces, il éradiquerait rapidement les originels et renoncerait alors à la puissance qu’on lui avait confiée. Il ajouta également au pacte un passage assurant la préservation de Baator par l’emploi d’âmes, sans insister sur le fait que ces clauses seraient en vigueur pour l’éternité.

Distraits par leur haine des originels et leur course désespérée vers la fin de la guerre, les dieux ne saisirent pas tous les implications des formulations du pacte d’Asmodée. Certains crurent même à ses garanties mielleuses.

Asmodée est bien entendu le maître des Neuf Enfers depuis ce jour.

Asmodée

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